Sauf que je ne me sentais pas prête à retourner au MMA.
J’avais retrouvé des capacités, mais il restait une vraie différence entre réaliser des exercices dans un environnement contrôlé et me retrouver face à un partenaire, avec des mouvements que je ne pouvais pas prévoir à l’avance.
On m’avait dit que je pouvais y retourner. Mais personne ne m’avait vraiment demandé si, moi, je m’en sentais capable.
J’ai donc attendu deux mois supplémentaires avant de revenir progressivement aux entraînements.
J’aurais aimé être davantage guidée et avoir des repères : savoir ce que je pouvais déjà réintroduire, comment progresser et ce que j’avais encore besoin de travailler.
J’aurais surtout aimé savoir comment retrouver confiance dans mes capacités et dans mon genou, sans que la peur de me blesser à nouveau soit toujours présente.
Pas simplement entendre que je pouvais retourner au MMA, mais savoir comment y retourner.
Mais cette façon de regarder plus largement une situation ne venait pas uniquement de mes blessures aux genoux.
Bien avant elles, j’avais déjà été confrontée à un problème qui s’installait dans le temps : des douleurs aux tendons d’Achille qui ont persisté pendant près de sept ans.
Pendant toutes ces années, j’ai consulté plusieurs professionnels et essayé différentes approches. À chaque fois, j’apprenais quelque chose de nouveau : une autre façon de comprendre le problème, un élément auquel je n’avais pas pensé jusque-là.
Certaines choses m’ont aidée. D’autres ont fonctionné pendant un temps sans suffire à me permettre de retrouver durablement les activités que je voulais faire. Mais surtout, aucune réponse prise isolément n’a vraiment suffi.
C’est progressivement, en mettant bout à bout ce que j’avais appris, en observant comment mon corps réagissait et en testant différentes façons de travailler, que j’ai commencé à mieux comprendre ce qui me convenait.
Cette expérience a beaucoup changé ma façon de voir un problème qui dure.
Quand une douleur persiste malgré ce qui a déjà été essayé, je ne pense pas qu’il suffise de chercher un nouvel exercice pour l’endroit qui fait mal. Il faut prendre le temps de regarder plus largement : comment la personne bouge, ses capacités, les contraintes auxquelles elle est exposée, ce qu’elle fait déjà et tout ce qui a été tenté jusque-là.
Non pas pour chercher une cause unique qui expliquerait tout, mais pour comprendre où il peut être utile d’agir maintenant.
Avec le temps, ces expériences ont fini par se rejoindre dans ma façon de voir les choses.
Elles m’ont appris à ne pas m’arrêter uniquement à l’endroit qui fait mal, ni à une mesure de force ou à une série d’exercices. Il faut comprendre ce que la personne vit aujourd’hui, ce qu’elle souhaite retrouver et ce qui, dans sa situation, mérite réellement d’être travaillé.
Elles m’ont aussi poussée à approfondir mes connaissances, à continuer à me former et à orienter mon travail de coach sportive vers les problématiques liées au genou et au retour à l’activité.
C’est de là qu’est né KAPAB.
J’ai créé KAPAB pour accompagner les personnes dont le genou continue à limiter ce qu’elles aimeraient retrouver : leur sport, leurs activités ou simplement un quotidien avec moins de contraintes.
Mon propre parcours influence forcément ma manière d’accompagner. Il m’a notamment appris que deux personnes peuvent avoir mal au même endroit ou avoir vécu la même blessure sans avoir le même parcours, les mêmes difficultés ni les mêmes besoins.
Pourquoi KAPAB ?
Le nom vient de « capable ».
Parce qu’au fond, c’est bien ce que j’ai cherché moi aussi : retrouver progressivement ce que j’étais capable de faire, jusqu’à pouvoir reprendre ce qui comptait pour moi.